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Financer sa rénovation énergétique en 2026

En 2026, la rénovation énergétique des copropriétés s'impose comme une priorité nationale face aux enjeux climatiques et économiques. Ce guide complet détaille l'ensemble des dispositifs de financement disponibles pour les bâtiments collectifs : MaPrimeRénov' Copropriété, CEE, éco-PTZ collectif, aides locales et obligations réglementaires.

Le contexte de la rénovation énergétique en copropriété en 2026

La France compte actuellement 5,4 millions de passoires énergétiques, dont 3,9 millions de résidences principales classées F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).

Cette situation représente 12,7 % du parc résidentiel français selon les données du Service des données et études statistiques (SDES) publiées en novembre 2025.

Face à ce constat, le gouvernement maintient en 2026 un budget ambitieux de 4,6 milliards d’euros pour l’amélioration de l’habitat, dont 4,4 milliards destinés directement aux ménages.

L’objectif fixé par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) est clair : accompagner 120 000 rénovations d’ampleur en 2026, maisons et copropriétés confondues, tout en soutenant au moins 150 000 rénovations par geste.

MaPrimeRénov' Copropriété : l'aide principale pour les bâtiments collectifs

logo de maprimerénov' copropriété

MaPrimeRénov’ Copropriété représente le dispositif phare pour financer la rénovation énergétique des immeubles collectifs. Versée directement au syndicat des copropriétaires par l’ANAH, cette aide collective bénéficie à tous les copropriétaires, quels que soient leurs revenus.

Conditions d’éligibilité en 2026

Pour bénéficier de MaPrimeRénov’ Copropriété, la copropriété doit répondre à plusieurs critères cumulatifs :

  • Immatriculation : être immatriculée au registre national des copropriétés
  • Ancienneté : le bâtiment doit être achevé depuis plus de 15 ans
  • Usage : comprendre au moins 75 % de résidences principales (65 % pour les copropriétés de 20 lots ou moins)
  • Performance : les travaux doivent permettre un gain énergétique d’au moins 35 %
  • Accompagnement : recourir obligatoirement à une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO)
  • Qualification : faire appel à des professionnels RGE (Reconnus Garants de l’Environnement)

Montants et taux de financement

Le dispositif 2026 maintient des taux de financement particulièrement attractifs selon l’ambition énergétique du projet :

Gain énergétique Taux de financement Plafond de travaux par logement Montant maximum de subvention
35 % minimum
30 % du montant HT
25 000 €
7 500 €
50 % minimum
45 % du montant HT
25 000 €
11 500 €
  • Bonus sortie de passoire énergétique : + 10 % pour les copropriétés passant de F ou G à D minimum
  • Bonus copropriétés fragiles : + 20 % pour les copropriétés situées en quartier NPNRU avec un taux d’impayés supérieur à 8 %

Primes individuelles complémentaires

En plus de l’aide collective, les copropriétaires aux revenus modestes peuvent bénéficier de primes individuelles :

  • 3 000 € pour les ménages très modestes
  • 1 500 € pour les ménages modestes

Ces primes sont cumulables avec l’aide collective, permettant de réduire significativement le reste à charge pour les ménages les plus fragiles.

Financement de l’AMO

MaPrimeRénov’ Copropriété finance également 50 % de la prestation d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage, dans la limite de 600 € HT par logement et avec un plancher de 3 000 € par copropriété. Cette aide permet de sécuriser le projet et d’optimiser les choix techniques.

Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) : l'aide privée complémentaire

Le dispositif des CEE, basé sur le principe du « pollueur-payeur », oblige les fournisseurs d’énergie à financer la transition énergétique. Pour les copropriétés, cette aide privée vient compléter MaPrimeRénov’ et peut représenter un soutien financier majeur.

Les Coups de pouce en 2026

La sixième période des CEE (P6), entrée en vigueur le 1er janvier 2026, se poursuivra jusqu’au 31 décembre 2030 avec un objectif indicatif de 1 050 TWhcumac/an.

Coup de pouce chauffage des bâtiments résidentiels collectifs : multiplicateur x3 à x5 selon l’équipement installé, à condition de remplacer une chaudière fossile (gaz, fioul ou charbon).

Nouvelles fiches CEE pour les copropriétés

Trois nouvelles fiches techniques entrent en vigueur en janvier 2026 et sont éligibles au Coup de pouce :

  • BAR-TH-178 : Systèmes géothermiques (multiplicateur x5)
  • BAR-TH-179 : Pompes à chaleur collectives (multiplicateur x3)
  • BAR-TH-180 : Systèmes solaires thermiques collectifs

Pour une copropriété de 30 logements remplaçant une chaudière fossile par une pompe à chaleur, la prime CEE avec Coup de pouce peut atteindre 117 000 €, soit environ 50 % de l’investissement.

Travaux éligibles aux CEE

Les opérations standardisées concernent principalement :

  • Isolation des combles et toitures
  • Isolation des murs (intérieur et extérieur)
  • Calorifugeage des réseaux (souvent pris en charge à 100 %)
  • Remplacement des systèmes de chauffage collectifs
  • Installation de ventilation performante (VMC double flux)
  • Robinets thermostatiques

 

L'éco-prêt à taux zéro

L’éco-PTZ permet de financer le reste à charge des travaux sans payer d’intérêts. Ce prêt bancaire à taux d’intérêt nul représente un levier financier essentiel pour les copropriétés.

Caractéristiques du prêt

  • Montant : jusqu’à 50 000 € par logement selon les travaux réalisés
  • Durée : remboursement sur 20 ans maximum
  • Cumul : cumulable avec MaPrimeRénov’ et les CEE
  • Éco-PTZ complémentaire : possible dans les 5 ans suivant le premier prêt (total plafonné à 50 000 € par logement)

Conditions d’éligibilité

  • Copropriété âgée de plus de 2 ans
  • Travaux réalisés par des professionnels RGE
  • Logements utilisés comme résidences principales
  • Trois catégories de travaux éligibles : rénovation ponctuelle, rénovation globale, ou réhabilitation d’assainissement

Établissements proposant l’éco-PTZ collectif

 Seuls deux établissements proposent actuellement ce dispositif :

  • Domofinance
  • Caisse d’Épargne Île-de-France

    Le syndicat des copropriétaires, en tant qu’emprunteur, assure le remboursement périodique du prêt, réparti entre les copropriétaires selon leurs tantièmes. 

Les aides locales et régionales

Au-delà des dispositifs nationaux, de nombreuses collectivités territoriales proposent des aides complémentaires pour encourager la rénovation énergétique des copropriétés.
 

Exemples d’aides régionales en 2026

Région Aide principale Montant Bénéficiaire
Île-de-France
Aide isolation et chauffage
Jusqu’à 6 000 €
Propriétaires occupants modestes
Auvergne-Rhône-Alpes
Bonus Performance
Jusqu’à 3 000 €
Tous propriétaires
Occitanie
Éco-chèque
Jusqu’à 1 500 €
Propriétaires occupants
Nouvelle-Aquitaine
Chèque énergie
Jusqu’à 3 000 €
Rénovation BBC

Aides métropolitaines

 Les grandes métropoles proposent également des dispositifs spécifiques :

  • Métropole de Lyon : Prime « Ecoreno’v » pour les copropriétés
  • Ville de Paris : Jusqu’à 3 500 € pour les copropriétés (isolation, chauffage)
  • Toulouse Métropole : Jusqu’à 1 000 € pour logements anciens
  • Bordeaux Métropole : Jusqu’à 5 000 € pour rénovation complète

Comment identifier les aides locales ?

Pour connaître les aides disponibles dans votre territoire :

  1. Consultez le site France Rénov’ (france-renov.gouv.fr)
  2. Contactez l’Espace Conseil France Rénov’ de votre région (0 808 800 700)
  3. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou intercommunalité
  4. Utilisez le simulateur officiel Mes Aides Réno (mesaides.france-renov.gouv.fr)

Les autres dispositifs de financement

  1. La TVA à taux réduit

    Les travaux de rénovation énergétique bénéficient d’un taux de TVA réduit à 5,5 % au lieu de 20 %, applicable directement sur la facture de l’artisan. Cette réduction concerne les travaux d’amélioration de la qualité énergétique et les travaux induits indissociablement liés (peinture, plâtrerie, électricité).

    Conditions
     : logements achevés depuis plus de 2 ans.
  2. L’exonération de taxe foncière

    De nombreuses communes offrent une exonération temporaire de taxe foncière (50 % ou 100 % pendant 3 ans) aux propriétaires réalisant des travaux d’économie d’énergie supérieurs à 10 000 € TTC par logement, si le bâtiment a été construit avant 1989.

    Démarche : contactez votre centre des impôts ou votre mairie pour vérifier si votre commune a voté cette délibération.